Contester une majoration d’impôt : remise gracieuse et recours

Une déclaration déposée en retard, un paiement oublié, une erreur relevée lors d’un contrôle : l’avis d’impôt arrive alors assorti d’une majoration de 10 %, 40 % ou 80 %. Cette sanction peut représenter une somme importante, mais elle n’est pas toujours définitive. Pour contester une majoration d’impôt, deux voies existent : contester son bien-fondé par une réclamation lorsque la sanction est injustifiée ou mal appliquée, ou solliciter une remise gracieuse lorsque la majoration est due mais que votre bonne foi ou votre situation justifie un geste de l’administration. Bien choisir entre les deux est souvent ce qui décide du résultat. Ce guide présente les différentes majorations, la voie à privilégier et le déroulé de chaque démarche.

13 octobre 2026

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8 minutes

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Taxes

L’essentiel de l’article en 5 points

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Des majorations distinctes

Les majorations de 10 %, 40 % et 80 % sanctionnent des manquements différents (articles 1728, 1729 et 1730 du CGI).

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Réduction des intérêts

L’intérêt de retard de 0,20 % par mois n’est pas une sanction : il est réduit de 50 % en cas de régularisation spontanée et de 30 % en cas de régularisation en cours de contrôle.

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Contestation ou remise gracieuse

Une majoration injustifiée se conteste par une réclamation contentieuse ; une majoration fondée peut faire l’objet d’une demande de remise gracieuse.

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Preuve à l’administration

Pour les majorations de 40 % et 80 %, c’est à l’administration de prouver la mauvaise foi ou la fraude.

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Négocier les pénalités

En cours de contrôle fiscal, une transaction permet de négocier une réduction des pénalités.

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Majoration de 10 %, 40 % ou 80 % : de quoi s’agit-il ?

Une majoration d’impôt est une sanction fiscale qui s’ajoute à l’impôt dû. Son taux dépend de la nature et de la gravité du manquement : simple retard, déclaration non déposée malgré une relance, insuffisance délibérée ou fraude.

TauxManquement sanctionnéTexte
10 % Déclaration déposée en retard, sans mise en demeure ou dans les 30 jours suivant celle-ci Art. 1728 CGI
10 % Paiement tardif d'un impôt recouvré par le Trésor public (impôt sur le revenu, taxe foncière…) Art. 1730 CGI
40 % Déclaration non déposée dans les 30 jours suivant une mise en demeure Art. 1728 CGI
40 % Insuffisance de déclaration résultant d'un manquement délibéré Art. 1729 CGI
80 % Activité occulte, manœuvres frauduleuses ou abus de droit Art. 1728 et 1729 CGI

Majoration ou intérêt de retard ? L’intérêt de retard (article 1727 du CGI), fixé à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an, compense le préjudice financier du Trésor. Ce n’est pas une sanction : il s’applique même aux contribuables de bonne foi. Il est réduit de moitié en cas de déclaration rectificative spontanée accompagnée du paiement, et de 30 % en cas de régularisation au cours d’un contrôle (article L62 du livre des procédures fiscales).

Avant toute démarche, identifiez sur votre avis ou votre proposition de rectification la majoration appliquée et l’article qui la fonde : c’est ce qui détermine la stratégie à suivre.

👉 Besoin d’y voir plus clair ? Contactez le cabinet pour faire un point sur votre situation.

Contester ou demander une remise gracieuse : quelle voie choisir ?

Le choix dépend d’une question simple : la majoration est-elle juridiquement justifiée ? Si non, il faut la contester. Si oui, reste la remise gracieuse.

CritèreRéclamation contentieuseRemise gracieuse
Quand l'utiliser ? La majoration est injustifiée ou mal appliquée La majoration est due, mais vous êtes de bonne foi ou en difficulté
Ce que vous demandez L'annulation de la sanction en droit Un geste de l'administration
Recours en cas de refus Tribunal administratif, avec un examen complet Tribunal administratif, avec un contrôle très limité

Ce dernier point est déterminant. Un refus de remise gracieuse n’est annulé par le juge qu’en cas d’erreur de droit, d’erreur sur les faits ou d’erreur manifeste d’appréciation, ce qui est rare. À l’inverse, une réclamation contentieuse permet au juge de vérifier pleinement si la sanction était justifiée.

Une demande gracieuse n’interrompt pas le délai de réclamation contentieuse. Si vous disposez d’arguments de droit, ne vous limitez pas à une demande de remise : vous risqueriez de laisser expirer le délai pour contester.

Comment contester une majoration d’impôts ?

Pour contester une majoration d’impôts, déposez une réclamation contentieuse auprès du service des impôts indiqué sur l’avis, en exposant précisément pourquoi la sanction n’est pas justifiée. Plusieurs arguments sont régulièrement retenus :

  • La charge de la preuve pèse sur l’administration. Pour les majorations de 40 % (manquement délibéré) et de 80 % (fraude), c’est à elle de démontrer votre intention (article L195 A du LPF). Une simple erreur, même importante, ne suffit pas à caractériser la mauvaise foi.
  • La sanction doit être motivée. L’administration doit expliquer pourquoi elle applique la pénalité et vous laisser 30 jours pour présenter vos observations avant sa mise en recouvrement (article L80 D du LPF). Une motivation absente ou purement générale peut entraîner l’annulation.
  • La mise en demeure doit être régulière. Pour une majoration de 40 % au titre de l’article 1728, vérifiez que la mise en demeure vous a bien été adressée et que le délai de 30 jours a été respecté.
  • Le droit à l’erreur. Une erreur commise de bonne foi et régularisée spontanément ne doit pas donner lieu à une pénalité pour manquement délibéré.

Pour l’impôt sur le revenu, la réclamation doit être déposée au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement (article R*196-1 du LPF) ; après un contrôle fiscal, le délai court jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant la proposition de rectification. L’administration dispose de 6 mois pour répondre, son silence valant rejet, puis le tribunal administratif peut être saisi dans les 2 mois.

Lorsque la majoration fait suite à un contrôle, sa contestation s’inscrit dans celle du redressement : nous détaillons cette étape dans nos articles sur la procédure de rectification contradictoire et sur la manière de contester un redressement fiscal.

Comment obtenir une remise gracieuse de la majoration ?

La remise gracieuse permet de demander à l’administration de renoncer à tout ou partie d’une majoration ou des intérêts de retard (article L247 du LPF). Elle est accordée au cas par cas, au regard de votre bonne foi, de votre historique fiscal et de votre situation. Les chances sont plus élevées lorsqu’il s’agit d’un premier manquement, que le retard s’explique par un événement indépendant de votre volonté (maladie, hospitalisation, décès d’un proche, perte d’emploi), que l’impôt principal a déjà été payé ou qu’un échéancier a été proposé, ou que des difficultés financières réelles peuvent être justifiées.

La demande s’adresse par la messagerie sécurisée de votre espace sur impots.gouv.fr ou par lettre recommandée avec accusé de réception au service indiqué sur l’avis. Aucun formulaire n’est obligatoire, mais la demande doit comporter :

  • vos nom, adresse, numéro fiscal et la référence de l’avis ;
  • le montant de la majoration dont vous sollicitez la remise ;
  • une explication factuelle et brève des circonstances ;
  • les justificatifs : certificat médical, attestation France Travail, relevés bancaires, preuve du paiement de l’impôt.

L’administration doit répondre dans un délai de 2 mois, son silence valant refus. La remise peut être totale ou seulement partielle. En cas de refus, le conciliateur fiscal départemental peut être saisi, puis le tribunal administratif dans les 2 mois ; le juge n’exerçant alors qu’un contrôle limité, une nouvelle demande mieux étayée auprès de l’administration est souvent plus efficace qu’un recours.

Contrôle fiscal : peut-on négocier les pénalités ?

Oui. Pendant un contrôle fiscal, et tant que les impositions ne sont pas définitives, il est possible de conclure une transaction avec l’administration (article L247 du LPF). Elle réduit les majorations et amendes en contrepartie de la renonciation à tout recours sur les droits et pénalités restants.

La transaction est souvent intéressante lorsque le redressement est solide sur le fond mais que les pénalités de 40 % ou 80 % sont discutables. Elle suppose une négociation précise : évaluation des chances de succès au contentieux, montant des pénalités en jeu, calendrier de paiement. Une fois signée et exécutée, elle ne peut plus être remise en cause : elle doit donc être analysée avant tout engagement.

Dans ce contexte, l’accompagnement d’un avocat en contrôle fiscal permet d’arbitrer entre contestation, transaction et remise gracieuse selon ce qui sert le mieux vos intérêts, tout en vérifiant que l’administration agit dans les délais de prescription fiscale. Pour faire examiner votre avis ou votre proposition de rectification, contactez le cabinet E. Mundet via notre page contact.

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Article écrit par

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Emmanuel MUNDET

Avocat fiscaliste depuis + de 25 ans

Docteur en droit et inscrit au barreau de Nice depuis 2001, Maître Emmanuel MUNDET accompagne particuliers et entreprises dans l’ensemble de leurs problématiques fiscales.

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